Lexique
Valeur vénale
Somme d'argent estimée contre laquelle un bien s'échangerait à la date de l'évaluation entre un acquéreur et un vendeur consentants, après une commercialisation adéquate.
Aussi appelé : valeur de marché, market value.
La valeur vénale est le prix le plus probable auquel un bien immobilier se vendrait, à une date donnée, dans des conditions normales de marché. Ce n’est ni le prix espéré par le vendeur, ni le prix qu’un acheteur particulier accepterait pour des raisons qui lui sont propres, ni un prix de vente forcée. La Charte de l’expertise en évaluation immobilière et les normes européennes EVS retiennent la même définition, celle du règlement bancaire européen CRR : le montant estimé auquel le bien s’échangerait, à la date de l’évaluation, entre un acquéreur consentant et un vendeur consentant, dans une transaction équilibrée, après une commercialisation adéquate, les parties ayant agi en connaissance de cause, prudemment et sans pression.
Chaque mot compte. « Consentant » signifie motivé mais non contraint. « Commercialisation adéquate » suppose que le bien a été présenté au marché pendant un délai raisonnable. « Sans pression » exclut les ventes précipitées, les liquidations et les cessions entre proches. La valeur vénale s’exprime hors droits de mutation et hors frais, sauf indication contraire dans le rapport.
D’où vient la règle
La définition figure au Titre III, § 1.1.2 de la Charte (6e édition, novembre 2025), qui en analyse chaque élément au § 1.1.3. Les EVS 2025 la posent dans l’EVS 1, § 3.1, en reprenant le règlement (UE) n° 575/2013. En droit fiscal français, l’article 761 du Code général des impôts impose d’estimer les immeubles transmis d’après leur « valeur vénale réelle » à la date de la transmission : la même notion sert de base aux droits de succession, de donation et à l’impôt sur la fortune immobilière.
Dans un rapport d’expertise
L’expert commence par fixer la date de valeur et l’état du bien à cette date (situation juridique, locative, physique). Il retient ensuite la méthode par comparaison comme approche de référence, qu’il croise lorsque le bien s’y prête avec une méthode par le revenu ou une autre approche. Le rapport présente les comparables retenus, les ajustements appliqués et leur justification, puis conclut par une fourchette et une valeur en point. Il précise toujours de quelle valeur il s’agit, car la valeur vénale se distingue de la valeur hypothécaire, de la valeur prudente ou de la valeur d’investissement, qui répondent à d’autres questions.
Exemple
Maison de 110 m² habitables à PONT-L’ABBÉ, jardin de 600 m², classe énergétique D. Cinq ventes récentes de maisons comparables, retraitées de leurs différences de surface, d’état et de terrain, donnent des prix compris entre 2 350 € et 2 650 € par m². L’expert retient une fourchette de 260 000 € à 290 000 € et une valeur vénale de 275 000 € au 1er mars 2026, hors droits. Si la même maison était vendue par un particulier pressé de partir à l’étranger, le prix obtenu pourrait être inférieur : ce prix ne serait pas la valeur vénale, mais un prix de vente rapide.
À ne pas confondre avec
Le prix est une donnée constatée sur une transaction précise ; la valeur vénale est une estimation. La valeur locative concerne le loyer, non le prix. La valeur hypothécaire et la valeur prudente sont des valeurs conservatrices calculées pour un prêteur. La juste valeur relève de la comptabilité.
Sources
- Charte de l'expertise en évaluation immobilière, 6e édition, novembre 2025, Titre III, § 1.1.2 (définition) et § 1.1.3 (analyse de la définition)
- EVS 2025 (TEGOVA), EVS 1, § 3.1, définition de la valeur de marché
- Règlement (UE) n° 575/2013 (CRR), article 4, paragraphe 1, point 76, définition de la valeur de marché
- Code général des impôts, article 761 (estimation des immeubles d'après leur valeur vénale réelle)
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